Les friandises, est-ce automatique ?

Suite à mon article sur l’utilisation des friandises dans l’éducation canine, je vais parler ici d’une récente étude qui va répondre en partie à une question qu’on me pose souvent : « De simples félicitations ne suffiraient-elles pas pour renforcer un comportement ? ». Oui mais… Non.

Donc, cette étude dirigée par Bern et publiée dans la revue « Social, Cognitive and Affective Neuroscience », est la première à combiner des données d’imagerie cérébrale et d’expérimentations comportementales afin de détecter les préférences que peut avoir un chien entre une friandise et de simples félicitations.

Le « Dog Project » du département psychologie de l’Emory est dédié à la recherche sur l’évolution du meilleur ami de l’homme. Ce projet a été le premier à former des chiens pour entrer volontairement dans un scanner IRM et y rester sans bouger pendant le balayage, et cela sans sédation. Lors de précédentes recherches ils ont identifié la région du noyau caudé comme étant le centre de la récompense. Il a été également démontré que cette région du cerveau réagissait plus fortement aux odeurs d’un homme familier que ceux d’un inconnu, ou même à ceux des chiens familiers.

Pour cette expérience, les chercheurs ont commencé par former 13 chiens à associer trois objets différents à trois situations précises : un camion rose avec une récompense alimentaire, un chevalier bleu avec une récompense verbale, et une brosse à cheveux avec aucune récompense. Ces objets ont été présentés aux chiens 32 fois chacun pendant que leur activité cérébrale (aux chiens…) était enregistrée par l’IRM.

Tous les chiens ont montré une activité cérébrale plus importante lorsqu’un jouet associé à une récompense était présenté, contrairement au jouet qui n’était associé à rien. Quatre des chiens ont montré une activité cérébrale particulièrement forte pour le jouet associé à une récompense verbale. Neuf des chiens ont montré une activité cérébrale similaire pour les deux objets associés à des récompenses (verbales et alimentaires). Et deux des chiens ont montré une activité cérébrale plus importante pour le jouet associé à la récompense alimentaire.

Les chiens ont ensuite participé à une deuxième expérience comportementale. Chaque chien a été familiarisé à une pièce contenant un labyrinthe en forme de Y fabriqué avec des portes pour bébé. L’un des chemins du labyrinthe menait vers un bol de nourriture, l’autre menait vers le propriétaire du chien assis de dos. Les chiens ont été lâchés dans le labyrinthe à plusieurs reprises, ceux qui allaient voir le propriétaire étaient félicités systématiquement par celui-ci.

Selon les chercheurs, les résultats obtenus dans l’expérience comportementale correspondaient avec ceux obtenus avec l’IRM. La plupart des chiens alternaient entre le propriétaire et le bol de nourriture, mais les chiens qui avaient montré une forte activité cérébrale pour le jouet associé à une récompense verbale allaient voir leur propriétaire dans 80 à 90 % des cas.

Qu’en penser ?

Les friandises sont comme les antibiotiques, c’est pas automatique ! Mais pour cela il faut déjà que votre chien vous perçoive comme une « récompense », ou comme celui qui lui donnera accès à une récompense. Il n’y a pas de mystère, si cette « association » dépend du caractère de votre chien, elle se construit avant tout sur une relation de confiance et une éducation respectueuse basée sur le renforcement positif (voir le réflexe de Pavlov). Sans cela, point de salut…

Deuxièmement, cette étude se base sur un nombre très restreint de chiens et dans un milieu pauvre en stimuli. Dans un environnement plus stimulant la valeur de vos récompenses verbales n’a assurément plus la même force d’attractivité ou de renforcement. Des études précédentes ont largement démontré l’efficacité des méthodes utilisant les friandises. La récompense alimentaire reste donc une alliée de taille, voire indispensable, même s’il faudra s’en débarrasser au plus vite…

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