Morsures de chien : les chiffres

Au lieu de partir dans de longs discours concernant les causes et la gestion de l’agressivité chez le chien, je vais vous présenter ici les chiffres diffusés lors de la semaine de prévention qui a eu lieu dernièrement aux Etats-Unis. Je pense qu’il est important de prendre d’abord conscience des facteurs de risque et de les prévenir avant de tenter de résoudre le problème. Pour combattre efficacement un problème il est nécessaire de le connaître.

Selon l’American Veterinary medical Association (AVMA) :

  • Il y a 70 millions de chiens aux Etats-Unis, 1 chien pour 4.5 personnes, et 36 % des habitations possèdent au moins 1 chien.
  • Chaque année, plus de 4.5 millions de personnes sont mordues par des chiens.
  • 20 % des morsures ont nécessité des soins médicaux, 27 000 morsures ont nécessité des soins chirurgicaux.
  • Au moins la moitié des 800 000 américains soignés pour des morsures étaient des enfants.
  • Plus de 50 % des victimes de morsures étaient des hommes.
  • Les familles possédant 2 chiens ont 5 fois plus de risques de se faire mordre.
  • Les morsures de chien ont causé 31 décès.
  • 359 000 enfants âgés de 1 à 14 ans ont été mordu entre 2010 et 2012, 37 % des morsures concernaient des enfants de 5 et 9 ans et 66 % des enfants de moins de 4 ans ont été touchés au cou ou à la tête.

Les enfants sont les principales victimes des morsures de chien, les plus jeunes sont également les plus gravement atteints.

Les causes :

  • Le chien protégeait une ressource : gamelle, eau, chiot…
  • Le chien protégeait un lieu de repos.
  • Le chien protégeait le propriétaire ou quelque chose appartenant à celui-ci.
  • L’enfant a provoqué ou effrayé le chien.
  • Le chien était grincheux, ne supportait pas les jeux des enfants ou avait passé une journée stressante.
  • Le chien était blessé ou malade.
  • L’enfant a blessé ou effrayé le chien (lui a marché sur la queue, tiré les poils…).
  • Le chien n’a pas appris l’inhibition de la morsure (pas de contrôle).
  • Le chien s’est trop excité lors d’un jeu avec l’enfant.
  • Le chien a considéré l’enfant comme une proie (court).
  • Le chien est une race de berger de troupeau.

Une étude récente (Tufts University, 2013) a examiné les circonstances de 256 décès liés à des morsures de chien. Elle a recensé 7 facteurs de risque et au moins 4 de ces facteurs se sont retrouvés dans 80.5 % des cas :

  1. Absence d’une personne capable d’intervenir (87.1 % des cas).
  2. Accident ou sans aucune relation entre la victime et le chien (85.2 %).
  3. Echec du propriétaire à neutraliser le chien (84.4 %)
  4. Incompétence de la victime à interagir avec le chien (moins de 5 ans, déficience physique ou mentale… 77.4 %).
  5. Les chiens ont été privés d’interactions positives humaines (76.2 %).
  6. Mauvais traitement par le propriétaire du chien (37.5 %).
  7. Un historique de négligences et d’abus par le propriétaire du chien (21.1 %).

Ces chiffres concernent les Etats-Unis, pour les affiner il suffit de les mettre en perspective avec ceux présentés par Joël Dehasse (~2004) dans son livre : “Tout sur la psychologie du chien” :

  • On compte de 200 000 à 300 000 morsures de chien par an en France, soit de 0.36 à 0.55 % de la population, soit aussi de 550 à 820 par jour. Les enfants semblent mordus deux fois plus que les adultes. Les consultations pour morsure sont de 0.18 %, soit moins de la moitié des personnes mordues.
  • Les morsures de chien représentent 0.24 % des cas présentés aux services d’urgence, soit près de 3.7 fois moins que les accidents de voiture et 3.3 fois moins que les brûlures. Seulement 9 % des enfants mordus sont présentés en service d’urgence.
  • Les enfants sont mordus à la maison dans 65 % des cas : leur maison dans plus de 8 cas sur 10, ou celle du chien, c’est à dire chez des amis ; 35 % sont mordus sur la voie publique (7 cas sur 10 dans la rue). Les adultes sont mordus dans 58 % par un chien connu (4 sur 10 par leur propre chien), 42 % par un chien inconnu.
  • A la maison, l’enfant mordu était seul (c’est à dire sans adulte) dans 100 % des cas avec le chien. Sur la voie publique, l’enfant était seul dans 94 % des cas.
  • Les garçons sont plus souvent mordus que les filles, surtout dans le jeune âge : en dessous de 6 ans, le ratio est de 1.6 ; au dessus de 6 ans, il est de 1.2 à 1.3.
  • A la maison, l’enfant connaissait le chien  dans 93.8 % des cas et le chien faisait partie de la famille dans 84.6% des cas.
  • A la maison, l’enfant jouait avec le chien (34 %), ou près du chien (11 %), approchait le chien qui mangeait (14 %), entrait dans une pièce occupée par le chien (12 %), surprenait le chien endormi (7 %), voulait câliner le chien (6 %), ou enlevait un jouet (2 %). Dans 14 % des cas, il n’y avait pas de raison objectivable. Les enfants qui dérangent le chien au moment du repas ou du sommeil sont plus jeunes (4 ans en moyenne) que ceux qui sont mordus lors des activités de jeu (8.5 %).
  • 16 % des enfants mordus le sont une seconde fois dans l’année : ce chiffre est de 29 % avec le chien de la maison, 16 % avec un chien connu, 5 % avec un chien inconnu.

Tous ces chiffres devraient vous alerter sur les risques de morsures de chien et surtout vous permettre de les anticiper. Quoi qu’il en soit, en cas de doute et avant qu’un accident ne survienne, n’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel du chien !

 

– https://www.avma.org/Events/pethealth/Pages/Infographic-Dog-Bites-Numbers.aspx
– http://spot.humaneresearch.org/content/co-occurrence-potentially-preventable-factors-256-dog-bite
– Joël Dehasse “Tout sur la psychologie du chien”, p.207 :
Kahn, A., “Child victims of dog bites treated in emergency departments : A prospective survey”, Eur. J. Pediatr., 2003, 162, p. 254-258 ; Peters V., Sottiaux M., Appelboom J., Kahn A., “Post-traumatic stress disorder following dog bites in children”, Journal of Pediatrics, 2004, 144.
http://www.kleintiermedizin.ch/gtcd/pdf/Resumee_etude_morsure_des_chiens_2002.pdf
De Meester R., Laevens H. et al., Dog Agression : An inquiry on the frequency  of dog bites towards children in Flanders, Proceedings of the 8th ESVCE Meeting on veterinary behavioural medicine, Grenade, 2 octobre 2002.

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